Manières de faire le projet et manières de faire des mondes

Manners to conduct the design project and manners of making worlds

Thèse de doctorat de Maxime Favard sous la direction de M. Pierre LITZLER

Soutenue le 7 décembre 2016 devant les membres du jury :

M. Pierre-Damien HUYGHE
- Rapporteur
Professeur des universités, université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

Mme Chris YOUNÈS
- Rapporteur
Professeur des Écoles d’architecture, École nationale supérieure d’architecture Paris - La Villette

M. Daniel PAYOT - Président
Professeur des universités, université Strasbourg

Mme Marie-Haude CARAËS - Membre invité
Directrice-adjointe de l’École supérieure des beaux-arts TALM (Tours Angers Le Mans)
Directrice de l’École supérieure des beaux-arts Tours

M. Pierre LITZLER - Directeur
Professeur des universités, Université de Strasbourg

Résumé
Cette recherche s’inscrit dans le contexte particulier d’une étude en design portant sur la multiplicité des conduites de projet. Des origines gréco-latines, de « mania » à « manuarius », le terme « manière » nous prédispose ici au sens d’une « habile folie ». Une acception qui permet alors d’interroger les « manières de faire le projet » de design comme des pratiques de l’écart. Invités ainsi à cheminer sur le terrain de polarités divergentes, dans une discipline faite à la fois de ruptures et d’accompagnements, nous sommes conviés par cette aporie à un nécessaire dépassement dogmatique. Des singularités à l’unicité plutôt que de l’universalité à l’unité, cette recherche construit l’hypothèse d’un dessein commun : « faire-monde » par des « manières de faire des mondes ». L’analyse de quelques projets qui intéressent la multiplicité nous conduit aussi à dégager la tension que peut entretenir le design à l’égard de l’environnement. À partir d’un intérêt critique envers des projections qui évoquent l’idée d’un paradigme de « centrement et de séparation » de l’homme dans le monde, la thèse interroge ensuite son renversement par des valeurs de « décentrement et d’inséparation ». Si ces notions proviennent d’une approche poïétique, elles se trouvent renforcées dans leur développement par des références à des auteurs comme Peter Sloterdijk, Félix Guattari ou Vladimir Vernadski.

Mots-clés

Design, conception, manière, projet, processus, singularité, monde, objet, architecture, poïétique, environnement

Abstract
This research is part of a study in design on the multiplicity of ways in project management. The word « manner », with its Greco-Latin origins from « mania » to « manuarius » inclines us to take it as « skilful folly ». This meaning allows us to question the various « manners to conduct the design project » as gap practices. Thus, we are invited to explore the field of divergent polarities in a discipline made of breaches and guidance. This aporia leads us to consider a necessary dogmatic passage. From singularities to unicity rather than from universality to unity, this research is constructed on the assumption of a common purpose: « make the world » through « manners of making worlds ». The analysis of a few projects related to multiplicity leads us to bring out the tension between design and the environment. Taking a critical stance toward projections evoking the idea of a « centering and separating » paradigm, this research questions afterwards its inversion through « de-centering and de-separating » values. Provided these notions stem from a poietic approach, their developement is reinforced by references to authors such as Peter Sloterdijk, Félix Guattari or Vladimir Vernadski.

Keywords

Design, manner, project, process, singularity, world, object, architecture, poetics, environment