"Explorations du design pour des mondes futurs" par Maxime Favard, dans Poïétiques du design I – Vers de nouveaux paradigmes de la conception ? L’Harmattan, collection Esthétiques, série Ars, 2014, pp. 47-58.

Résumé :
Le mot design dans la langue française est encore présentement très limité dans sa définition. Le sens du mot reste minime et connote davantage une valeur réductrice portée sur la forme et la fonction. Il s’avère pourtant évident que l’intérêt du design s’établit dans l’action volontariste, mentale et physique de celui qui engage le projet. D’ailleurs le mot design est à l’origine emprunté de la langue anglaise du même terme signifiant dessein et dessin. Les desseins, a priori, mettent en jeu les pensées et les dessins a posteriori, en sont les traducteurs. Le design est donc bien synonyme d’intention, de projet et d’objectif. Avant tout, il est ainsi un dessein : le processus de conception est donc ce qui caractérise la posture du designer sur le monde. La manière de faire ou le design est par conséquent une « attitude, pas une profession » pour reprendre les termes de László Moholy-Nagy dans "Peinture Photographie Film". L’artiste met ici déjà en 1925, l’accent sur la tension constante qui se joue entre l’attitude du concepteur et le façonnement de la société. De toute évidence, porter le projet c’est nécessairement procéder à un déplacement, questionner et douter de l’existant, en somme c’est « faire un pas de côté » comme l’affirme régulièrement Matali Crasset. Cette posture du designer, soulève de nouveaux enjeux sociétaux qui relèvent entre autre du politique, de l’économique, de l’humanitaire, de l’environnement ou encore de la santé.