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"Une poétique du dysfonctionnement pour une politique du sens" par Gwenaëlle Bertrand, dans Poïétiques du design I – Vers de nouveaux paradigmes de la conception ? L’Harmattan, collection Esthétiques, série Ars, 2014, pp. 21-33.

Résumé :
L’hypothèse d’un dérèglement de la pensée de l’objet amène à entreprendre l’idée selon laquelle le design n’est pas seulement lié à la conception d’objets fonctionnels, il est également, le moyen d’introduire le critique. Que le sens se révèle à nous par le déploiement de l’objet dans l’espace ou par une savante mise en scénario d’un futur proche ou encore, par l’emploi d’un système productif instable mais défendant une humanité de la conception, ou enfin, par une aliénation des fonctions de l’objet, il est précisément ce à quoi les designers tendent à s’attacher. De cet écart avec le réel, ils mettent en doute notre quotidien et spéculent sur notre futur. Cette dimension critique du projet est par conséquent, nécessaire pour apporter du sens dans l’élaboration de nos sociétés. En 1988, Andrea Branzi disait : « Si nos maisons ne sont pas aimables, nos métropoles seront à jamais inhabitables. » La conception d’un objet serait alors profondément politique et viserait une prise de conscience partagée. Annihiler ce caractère serait accepter de perdre la possibilité de créer un lien entre les différentes composantes de notre monde, qu’elles soient de l’ordre de l’économie, du social, de la santé, de l’environnement, de l’industrie ou de l’art, le design semble pouvoir tenter de les connecter pour une politique du sens.