
"La mécanique des temps : jeux de dialogues entre design et politique" par Gwenaëlle Bertrand & Maxime Favard, dans Poïétiques du design III – Design et politique, L’Harmattan, collection Esthétiques, série Ars, 2015, pp. 107-139.
Résumé :
Le temps employé par la méthode spéculative serait celui d’un dédoublement de la réalité par lequel les jeux de dialogues entre le caractère institutionnel existant et les structures supposées aspirent au renouveau. Et c’est au travers de cette coalition que la mécanique des temps devient un instrument opératoire. Si par définition, le temps est une « dimension du réel qui rend possibles et intelligibles ses mouvements et transformations », alors l’utilisation d’un temps autre, même fictif resterait propre à une « dimension du réel qui rend possibles et intelligibles ses mouvements et transformations ». Ce serait ainsi, un médium suffisamment tangible pour acter un potentiel réel effectif ou induit. Plutôt que d’aller de front, de se marginaliser à outrance, le design pourrait semble-t-il faire un pas de côté, un tour ou détour par le moyen de la spéculation afin de tempérer le discours. Trois parties alimentent ce questionnement, d’abord l’influence des nouveaux rationalistes et la perspective d’une émancipation par la réappropriation puis, les mouvements collectifs non institués qui induisent une désobéissance par les objets et enfin, la question des contemporains et du projet critique au regard de la méthode spéculative.